Ce paradis qu’on appelle les Keys

A Paris il pleut des cordes,  je me replonge dans mon livre. En ce moment je lis Duma Key, un roman inquiétant de Stephen King qui se passe sur une île imaginaire dans les Keys. Et chaque page tournée me ramène un peu plus vers mes souvenirs de Floride. Quand on est américain et qu’on a bien réussi  sa vie, on s’achète une maison dans les Keys avec un bateau pour pêcher. C’est un rêve américain un peu cliché.

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Mais comme je peux comprendre.

Je me souviens de la route au nom évocateur d’Overseas Highway qui défilait d’île en île, ne semblant jamais s’arrêter mais annonçant une promesse à la fin. Tellement étrange d’atteindre une île par une route. La promesse s’appelait Key West et j’aurais pu y laisser mes valises pour quelques temps. Rares sont les endroits où l’on se sent chez soi dès les premiers instants mais Key West avec son air de bout du monde a le don de vous accueillir.

Je me souviens des maisons colorées, ambiance caraïbes, je me souviens des odeurs de bougainvilliers et des parfums de Key Lime Pie. Je me souviens qu’à Key West ils ont affronté un ouragan, c’est marqué sur tous les t.shirt. Je me souviens que le soir on se donne rendez-vous, touristes, locaux et anonymes  à Mallory Square pour applaudir le coucher du soleil. Partout j’aurais trouvé ça ringard et ridicule, à Key West j’ai  applaudi le coucher du soleil.

Je me souviens qu’il y avait des chats mutants à la maison d’Hemingway car ils avaient 6 ou 7 griffes, des chats polydactyles on les appelle, ils ont fait de la maison leur territoire, il  y en a une centaine.

Je me souviens avoir trinqué à coup de rhums arrangés au Sloppy Joe’s bar, à la santé d’Hemingway dont c’était le bar préféré avant de m’essayer au Ramos Gin Fizz à la terrasse de l’hôtel la Concha, cocktail préféré de Tennessee Williams.

Key West c’était aussi la rencontre avec les tortues et un fou rire mémorable lors d’un cours de snorkeling (ou comment apprendre à des touristes à mettre des palmes, un grand moment, applaudi (encore) par une foule de touristes japonais en délire).

Et la promesse de revenir un jour pour explorer Dry Tortugas, l’île aux légendes de pirates et au Fort Jefferson que l’on rejoint en hydravion.

NYC et floride 2007 762

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

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