Le jour où j’ai fait du surf en Californie

 

Quand on part en Californie, il y a trois choses qu’il faut absolument faire :

1-      se la jouer plus que de raison

2-      Ecouter en boucle California Love et les Mamas and Papas

3-      Faire du surf

Forte de ces 3 concepts et ayant l’occasion de séjourner à Huntington Beach, la capitale du surf, il était donc inenvisageable de ne pas en faire. J’avais en moi une matinée d’expérience à Bali et j’étais très fière de me vanter qu’il ne m’avait pas fallu 1h pour y arriver, qu’en fait le surf c’était plutôt facile, je me revois encore faire mon speech dans la boutique de location des planches.

Il y a des fois où on ferait mieux de se taire.

Nous étions 7 : 6 débutants et 1 habitué de Lacanau dont autant  dire un surfeur. Lorsqu’on a commencé par nous dire que le cours était annulé à cause de la mauvaise météo, la déception était telle et devait se lire si clairement dans nos regards qu’un animateur qui passait par là accepta de nous emmener.  Nous voilà donc partis la fleur au fusil, des sourires radieux aux lèvres, en chantonnant presque.  Valeureux comme les 7 nains qui partent travailler.

Mais voilà,   ça ne faisait pas 30 secondes que nous étions à l’eau qu’une première vague nous atteignit. Quand je dis vague, je devrais dire vaguelette mais le courant était si fort  que nous avons tous, comme dans un ballet synchronisé, lâché nos planches simultanément. La mienne s’est retrouvée 2m derrière sur mon collègue qui par je ne sais quel miracle réussit à l’esquiver. Nous en rions encore aujourd’hui à chaque fois qu’on en parle. Cette première expérience mit sur le carreau deux d’entre nous qui décrétèrent que le surf, c’était bien trop dangereux.

Nous voilà donc repartis, nous autres téméraires, à 1m à peine de la plage mais le courant, une fois de plus, se montre insurmontable. Je tente une première fois de passer le premier mur de vague (lettes) en montant sur la planche mais celle-ci vient s’écraser contre ma joue, je tente alors suivant les conseils avisés du prof de passer sous la vague mais là je bois la tasse et quand je sors enfin la tête de l’eau, j’avale une seconde fois des litres d’eau d’une seconde vague.

Là en ce moment précis, je me souviens avoir pensé que j’allais me noyer.

Cette deuxième expérience fit renoncer 3 d’entre nous tandis que mon ami surfeur de Lacanau prenait tant bien que mal quelques vagues et qu’une de mes amies, un peu plus chanceuse et sans doute un peu plus douée, avouons-le prenait aussi ses toutes premières vagues.

Alors que nous étions assis à attendre pour rentrer, déçus et vexés comme on peut l’être de ne pas réussir à surfer à Huntington Beach, je vis deux ailerons passer.  Là on a juste envie de dire en anglais « Really ??? » puis on se souvient qu’en Californie il y a beaucoup de requins et qu’on est à la tombée du jour.  Heureusement les ailerons se sont avérés appartenir à des dauphins qui se sont mis à sauter à quelques mètres de nous, une scène absolument surréaliste.

Parce que c’est aussi ça la Californie, à moins qu’ils ne soient juste venus pour nous narguer !

 

photo(3)photo(2)

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

Be first to comment