Street Art & Poésie Urbaine

A Paris il y a quelques années on a vu des gens attendre jusqu’à 8h, une nuit entière et même se battre pour avoir la chance de pouvoir visiter la Tour 13. Ce projet était de faire peindre entièrement par 108 artistes venus du monde entier les 36 appartements d’une tour désaffectée et de la laisser visiter le temps d’un mois avant sa démolition. Le succès fut immense et fulgurant. On s’est dit après que le Street Art allait voir le jour partout, que ce moyen d’expression de notre génération allait exploser mais finalement il n’y a guère que dans le 13e qu’on peut vraiment en voir et tous les jours ou presque j’ai ce réflexe de tourner la tête dans le métro quand j’en croise certaines.

La Tour Paris 13 - Un projet fou dans le 13è

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Aux Etats-Unis par contre le Street Art envahit les villes les unes après les autres à mon plus grand bonheur.

Voilà quelques pistes si vous voulez en voir :

  • La première ville à laquelle je pense c’est bien sur Philadelphie. A Philly comme on la surnomme, on compte 3500 murals (fresques murales). A la base le projet était d’enrayer la dégradation de la ville par les graffitis et de lutter contre la délinquance en fédérant les jeunes autour de la peinture. Du centre ville aux quartiers les plus pauvres en périphérie, le Street Art est absolument partout et c’est aujourd’hui la première raison d’y venir en tant que touriste, bien avant tous les plus grands musées que comporte cette ville et même les marches de Rocky, (oui oui). Il y a même une école dédiée au Street Art où la majorité des élèves sont natifs de cette ville. Alors est-ce pour l’esthétique des dessins, leur grandeur et leur sens ? Est-ce pour leur message ? Chacun ressent ce qu’il veut et c’est peut être là toute la magie de cet art.

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  • La deuxième c’est  Miami dont je vous ai déjà parlé il y a quelques temps ici. Je vous en supplie si vous allez à Miami, allez voir Wynwood. Je vous jure qu’il y a plus de beauté dans ce quartier que dans tous les maillots à paillettes de South Beach.

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  • La troisième dont j’ai envie de vous parler est beaucoup moins connue mais je pense y faire un tour bientôt. Il s’agit de Richmond en Virginie qui a décidé que non seulement elle désirait aussi ses murals mais qu’elle pensait également à devenir bientôt LA ville de la côte est spécialisée dans cet art. Si on en compte aujourd’hui qu’une centaine, il est fort à parier que vous n’avez pas finit d’en entendre parler et puis regardez celle-ci comme elle est cool !

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Les thèmes évoqués sont souvent poétiques mais peuvent aussi être politiques. Si à Philadelphie, on retrouve pas mal de thèmes civiques ou même bibliques, a Wynwood j’étais frappée de voir le nombre de fresques mêler les cartoons aux pires maux de ce monde : la guerre, les armes, le nucléaire comme ce dessin figurant un mickey avec un masque à gaz. Ça m’a énormément fait penser aux dessins du film  The Wall  où c’était finalement la première fois que je découvrais, beaucoup plus jeune, la portée poétique mais aussi glaçante d’effroi d’un dessin.

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Controversé par certains qui regrettent la liberté des taggeurs et l’esprit vindicatif de l’Art de rue, adulé un peu partout et multiplié partout aux Etats-Unis, le Street Art est sans aucun doute en plein effervescence aux US et dans pas mal d’autres pays.

Vous vous souvenez peut être de ce moment dans le film American Beauty où le perso dit  : « Sometimes there’s so much beauty in the world I feel like I can’t take it, like my heart’s going to cave in».

Voilà c’est exactement ce que je ressens quand je vous parle de Street Art.

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Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

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