Maps to the stars – Satire d’Hollywood primée à Cannes

Il y a le Los Angeles de Sofia Coppola vu dans Bling Ring, glamour et midinette à souhait et puis il y a le L.A de Cronenberg, implacable, cynique, sanglant. Véritable satire du Hollywood d’aujourd’hui, Maps to the Stars a fait sensation à Cannes où Julianne Moore a remporté la palme d’or pour son rôle d’artiste complètement barje. Au milieu des paillettes et des faux semblants, au milieu des plateaux de ciné d’Universal et des maisons d’architecte dont on rêve les yeux ouverts en lisant Elle Déco et qui semblent ici dépourvues d’une once de chaleur humaine, aussi glaciales que leurs propriétaires. Ça et là une artiste vieillissante qui ne le supporte pas, un prof de yoga déjanté (tellement jouissif de voir John Cusack dans ce rôle), un enfant star à la Justin Bieber aussi émouvant qu’ insupportable, une jeune femme traumatisée, une famille décomposée… de l’inceste, du sexe, de la drogue, des interdits, des fantômes et de la poésie, distillée par vers de Paul Eluard comme une ritournelle tout au long du film. Entre humour noir cinglant et second degré malsain on regarde cette valse telle une tragédie grecque avec il faut l’avouer une certaine jubilation de voir pour une fois l’envers d’un décor qui semble si parfait s’effondrer à chaque minute de film. A voir ( âme sensibles s’abstenir)…

Maps to the Star de David Cronenberg, sortie en salle le 21 mai 2014.

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

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