Les Great Sand Dunes à cheval

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé mais parfois il y a des paysages qui vous procurent une émotion particulière. Des gens m’ont raconté qu’ils avaient pleuré en Afrique lors d’un safari, qu’ils avaient pleuré en Thaïlande devant un lâché de lampions sur une plage de rêve. Moi je n’ai jamais pleuré mais j’ai été submergée d’émotions deux fois aux Etats-Unis. La première fois c’était à Delicate Arch à Moab car c’est juste sublime. La deuxième fois c’était la semaine dernière au Colorado, dans les Great Sand Dunes. A priori il y a peu de chance que vous connaissiez, même au Colorado c’est peu connu, d’ailleurs moi-même je dois vous avouer que je ne connaissais que de nom. Depuis mon retour je suis constamment partagée entre l’envie d’en parler à la terre entière et l’envie de le taire à tout jamais, comme un secret jalousement gardé, pour ne pas voir débouler une horde de cars de touristes ou des sociétés de quad qui gâcheraient le silence omniprésent.

P1030818P1030886

Ce tout récent parc national est encore peu connu et c’est aussi ce qui fait sa force, son deuxième atout c’est qu’il est sublime et incongru. Imaginez des dunes de sable immenses sur fond de montagnes (enneigées l’hiver). Imaginez que pour y parvenir vous allez rouler sur une route parfaitement droite dans un paysage désertique à l’infini à 360° et maintenant imaginez que c’est à cheval que vous vous y aventurez. Grâce au Zapata Ranch, j’ai réalisé ce rêve de gosse de galoper aux Etats-Unis, qui plus est sur un palomino, menée par de vrais wranglers. Quand on a commencé à monter à 5 ans et que ses poneys préférés s’appelaient Missouri ou Bronson, on se dit que les indices étaient déjà là depuis longtemps.

P1030969P1030953P1030896P1030956

On a parcouru les steppes, croisant quelques lapins et autres oiseaux de proie puis on a longé les dunes entre sable et cours d’eau. Personne ne parlait, même les plus débutants d’entre nous semblaient se laisser aller au vieux rêve de gosse de jouer un jour dans un western. On a fini par se lancer dans une course effrénée dans le sable, dans un décor de rêve qui ne me quitte plus depuis. La petite particularité que je vais vous dévoiler c’est que les seuls gros habitants que nous avons croisé sur ces terres désertiques ce sont les centaines de bisons que le Zapata élève pour la préservation de l’espèce et pour la ferme. Et tout ce que je peux vous dire c’est qu’on peut aussi faire du cheval au milieu des bisons, mais chut… j’en ai déjà trop dit.

P1030879P1030846

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

Be first to comment