Le jour où j’ai traversé le Golden Gate à vélo

 

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J’ai jamais eu  de vélo,  je pense que tous les non parisiens vont lever les yeux au ciel, les autres comprendront. Enfin si dans un lointain souvenir je me souviens avoir fait du vélo en bas de chez moi mais il avait des roulettes. Tout ça pour dire que les fois où j’ai fait du vélo dans ma vie se comptent sur les doigts d’une main. Je me souviens avoir fait le tour de Belle île en vélo, je me souviens de chutes mémorables en vtt dans les Pyrénées et d’avoir pesté pendant des heures sous un soleil de plomb en Grèce. Pourtant j’aime bien le vélo, comme ce n’est pas quelque chose que je pratique souvent j’ai une tendresse particulière quand je vois les petits partir à l’aventure , chose qu’on retrouve dans tous les films et bouquins américains. De E.T à ça…

Tout ça pour dire que le jour où on m’a annoncée que j’allais traverser le Golden Gate à vélo, j’ai commencé par me dire que c’était génial puis j’ai visualisé le Golden Gate, je me suis souvenue que c’était le ou l’un des plus grands ponts suspendus du monde,  2737m. Là je me suis dit que ce serait la vraie aventure. Le jour J nous y étions 7 à prendre nos vélos à Fisherman, le port de San Francisco, j’étais la seule à garder le casque. Nous sommes partis la fleur au fusil comme on dit au milieu des voitures. Le début fut chaotique. Puis, nous avons longé la plage, c’était dimanche, il faisait très beau, ce qui est assez rare à San Francisco pour mériter d’être cité,  les californiens étaient de sortie, une vraie carte postale.  Ce qu’il faut savoir c’est que pour atteindre le Golden Gate il y a une montée. Mais une énorme montée. Je ne vais pas me vanter sur ce coup-là, j’ai poussé mon vélo, à pied. Arrivés en haut, nous voilà face au pont et c’est très impressionnant. Il est immense et si large.

P1070284Heureusement les américains qui pensent à tout  ont prévu évidemment une piste cyclable. Je ne suis pas franchement rassurée mais je m’élance avec tout mon courage et me voilà le sourire aux lèvres sur le Golden Gate. Ce qu’on n’imagine pas avant d’y aller c’est que ce n’est pas franchement droit donc à des moments on doit bien pédaler  et il y a du vent, beaucoup de vent donc plusieurs fois j’ai eu la sensation que le pont bougeait et tremblait et ça c’est très flippant. De plus, c’est un peu l’autoroute du vélo, le trafic est très dense et pour éviter les embouteillages ou le carambolage il faut aller vite et du coup s’arrêter pour prendre des photos devient périlleux.  Alors que je voyais les personnes parties avec moi poser pour des photos, contempler la vue, s’arrêter constamment je n’avais pas d’autre choix que de continuer ma route surtout que derrière moi on ne me pardonnait aucune erreur, on me hurlait littéralement dessus « Keep the line ! », du coup je perdais mes moyens et c’est les larmes aux yeux que je continuais ma route, pas très rassurée et vexée par ces incessants reproches. Une fois arrivés, c’est cette fois une immense descente qui nous attendait. Je choisirai de taire ici la façon dont je l’ai descendue mais je n’ai pas joué les kamikazes contrairement à ma collègue qui se reconnaitra sans doute et qui vient de me raconter sa chute mémorable survenue il y a quelques mois  au même endroit. Oui M. c’est  bien de toi que je parle 😉 Après la descente, je me souviens avoir vu Sausalito, avoir compris que c’était la fin. Je me souviens avoir jeté mon vélo et savouré comme jamais mes crab cakes au resto de fruits de mer qui nous attendait là, posé au milieu des galeries d’art et des boutiques de souvenirs. Le retour se fait en ferry, c’est sympa aussi.

Je  conseille cette expérience si vous passez par SFO, c’est vraiment inoubliable. Les moins sportifs seront contents d’apprendre qu’il existe des vélos électriques.

 

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

1 Comment

  • Répondre octobre 3, 2013

    Mounia

    Quelle belle expérience en effet. A coeur vaillant rien d’impossible… le courage c ‘est de faire qqch malgrès ca peur.

    J’ai adoré ce périple tu fais bien de le conseiller.

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