Her ou l’amour 2.0

On sort de “Her”,  le quatrième film de Spike Jonze, ému et le sourire aux lèvres. Comme c’est bon de voir une œuvre aussi sincère et aussi originale. Le film se passe dans le futur mais on ne sait pas vraiment quand, on n’est pas si loin d’aujourd’hui mais avec un petit quelque chose de différent, le choix des looks des personnages nous déconcerte avec ces moustaches, ces pantalons taille haute, ces couleurs flashy. Le  futur pourrait-il être déjà rétro ? Dans ce monde,  on est  greffé à son ordinateur et à son téléphone. C’est comme si la solitude des êtres cherchait appui dans la technologie. Au milieu de ce monde étrange, il y a Théodore (Joaquin Phoenix, troublant, juste, magnifique de sincérité).  Accablé de chagrin depuis que sa femme est partie, il ne vit plus, il survit, étranger à ce monde autour de lui, errant dans une vision futuriste de la  ville de Los Angeles. Pour rompre sa solitude il va commencer à utiliser un programme informatique qui parle, sorte de Siri, le logiciel d’Apple mais doté  d’intelligence artificielle qui en plus de lire vos mails  et composer vos appels vous  tient compagnie de jour comme de nuit. Un psy, un meilleur ami, un confident, un appui dans la tourmente. La  voix du programme est celle de Scarlet Johansson,  reconnaissable entre mille pour sa sensualité et sa tonalité grave et elle occupe si bien l’espace que Théodore en tombe amoureux. Et le plus émouvant dans ce film c’est que face à cette histoire d’amour impossible entre une voix qui ne prend jamais corps, (Scarlett n’apparait pas une seconde dans le film) et un homme qui ne sait plus aimer, on se prend à y croire, on se laisse émouvoir,  au son d’une musique envoutante de arcade Fire qui bientôt nous submerge.  Le plus fort dans ce film c’est qu’à aucun moment on ne doute de la crédibilité de l’histoire à l’heure où les ordinateurs ont envahi notre quotidien et notre monde, qu’on le veuille ou non.

Un film futuriste, poétique et adorable comme on en avait pas vu depuis Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et puis voir Joaquin Phoenix retrouver le sourire, ça vaut tout l’or du monde.

Her  de Spike Jonze- sortie au cinéma en France le 19 mars- en avant première dans quelques salles -en compétition pour les oscars demain.

 

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

Be first to comment