Florida Project – The Real Orlando

Je suis allée voir The Florida Project et je n’en suis pas sortie indemne. Ce film est un bijou de poésie et de tendresse sur fond de misère sociale. J’ai aimé la lumière, la chaleur obsédante et la lueur dans le regard des acteurs, débutants pour la plupart et dont les héros ont moins de 8 ans.

Le film se déroule à Orlando, ou plus particulièrement à Kissimmee, ville dortoir qui ne vit que par et pour Disney World, un lieu crée de toutes pièces pour les touristes et qui compte la plus grande concentration de parcs d’attractions au monde et plus de 60 millions de visiteurs par an. On y suit une poignée de femmes et leurs enfants dans un motel au bord de la highway qui passent leur temps comme ils peuvent, loin du faste et des paillettes des parcs d’attractions. Les enfants font les 400 coups tandis que leur mère, en situation précaire tentent de joindre les deux bouts car à plus de $100 le ticket, eux n’y entrent pas, n’y entreront probablement jamais. Au bout de quelques minutes de film je me suis revue moi aussi à Orlando il y a quelques années, je n’avais pas l’argent pour dormir dans les grands resorts et  je suis restée dans un motel quelconque au bord de la route. Je me souviens de l’ambiance carton pâte et de cet enchaînement d’attractions le long de la highway. Puisqu’ici règnent les touristes, tout a été conçu pour les divertir, du plus cheap au plus grandiose, de la pêche aux bébés alligators au plus incroyable des feux d’artifices. Je me souviens avoir erré dans des supermarchés immenses où des cargaisons de t-shirt Mickey sont bradés $5 à côté de mugs Bob L’éponge. Et puis on oublie tout à la seconde où on franchit l’entrée de l’un de ces parcs, que ce soit Universal, Disney ou le controversé Seaworld. C’est ça la magie Orlando, avoir su créer un monde féerique 100% fake.

Ce film m’a fait penser à ces soirées, vous savez, celles où vous regardez les autres s’amuser mais une distance s’est crée, vous ne faites pas partie du groupe, vous ne ferez jamais partie du groupe et ça vous rend d’autant plus triste qu’ils s’amusent eux de plus en plus.

Si vous aimez les Etats-Unis allez voir Florida Project, pour voir l’autre Amérique dont on parle moins, celle des inégalités dans un état qui a voté Trump en immense majorité et qui serait d’après le réalisateur l’état le plus moqué après le New Jersey.

Mais c’est aussi une Amérique touchante, incroyablement optimiste et qui ne s’avoue jamais vaincue, une Amérique onirique qui nous touche et nous émeut aux larmes.

The Florida Project – De Sean Baker

The Florida Project : Photo Bria Vinaite, Brooklynn Prince

 

Un jour un américain m’a dit que j’étais définitivement plus américaine que lui. Sur le coup j’ai souri, maintenant que j’y pense je crois qu’il avait raison. Je ne regarde quasiment que des films américains, je m’abreuve de séries américaines, j’ai un t-shirt I love NYC et un mug par état américain, je regretterai toute ma vie de ne pas avoir été à un bal de promo, je parle moitié anglais moitié français quand je reviens d’un voyage, je comprends le rêve américain même si parfois je le condamne. J’aime les US, j’en ai fait mon métier, je leur dédie ce blog.

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